Les Book search n'ont pas tué le livre papier
Par Laurent Capin <Head in the cloud, Feet on Azure> le samedi 24 mai 2008, 23:27 - Lien permanent
Après l'industrie du disque,
moribonde du fait semble-t-il du piratage en masse, les éditeurs ont bien cru
voir leur dernière heure venir après les lancements successifs par Google et
Microsoft de leurs outils de recherche en ligne bibliographique et surtout de
leur volonté affichée de numérisation massives et très ambitieuse.
Un an après le lancement de "Live Search Books", cinq après celui de Google Book Search, où en est-on ? Les peurs persistent. Et pourtant, le résultat commercial ressemble plutôt à un flop.
Microsoft arrête le projet "Live Search Books" seulement 18 mois après son lancement (voir The Chicago Blog). D'une part, Microsoft a suspendu son projet de numérisation massive et compte désormais sur les éditeurs et les librairies, d'autre part il a fermé le site séparé et regroupé son indexation dans le reste de ses résultats de recherche. C'est dommage car l'interface était plutôt sympa et la démarche respectueuse (en accord avec les droits d'auteur, ce qui n'est pas toujours le cas de Google, parfois en procès, en tout cas en débat)
Si le concept vous plaisait vraiment et que vous regrettez la démarche, vous pouvez acheter un book ripper, ça va chercher dans les 3000$ (ah c'est pas un scanner... maintenant, Microsoft en vend peut-être d'occasion ;-) ) et ça vous permet de copier 500 pages de l'heure! Bon courage quand même.
De son côté et après 5 ans, Google Book Search est toujours en version Béta mais continue.
L'utilisateur n'a pas été au rendez-vous. Et pourtant. Et pourtant les moyens mis en oeuvre étaient assez colossaux. Et pourtant les acteurs étaient nombreux et motivés (dont nombre d'universités). Et pourtant la finalité était assez noble : permettre un accès rapide et sûr à un ensemble toujours plus grand d'oeuvres et de textes en tout genre et notamment les plus rares. En somme, l'eldorado pour les chercheurs et autres étudiants (et pas qu'en lettres). C'est quand même autre chose que Wikipédia ! Au fond, c'est presque dommage que les Mormons ne se soient pas intéressés au projet.
Une question me viens comme ça: comment comptaient-ils s'y prendre pour les livres pop-up et les livres dépliants pour enfants ?
Bien entendu je n'ai pas résisté à la tentation, j'ai créé ma bibliothèque virtuelle sur Google Books:
http://books.google.com/books?as_list=BDWRCwGwQ5ISB5oaAsfTrARoUtZiceQw0vh5hGXbxnVWWLqFgTGk&hl=fr
Et là, la déception est tout de même au rendez-vous. En français en tout
cas, mon Dieu que c'est pauvre. Pas un livre sur trois de ceux que j'ai lu
(sans jeu de mot) qui s'y trouve. Au final, j'ai assez vite baissé les bras.

Restent quelque belles initiatives:
- Internet Archive : 417,000 textes
- Open Library : 13,439,320 livres (mais pas encore beaucoup en français)
- Library Thing : 26,000,000 livres
- Open Content Alliance
Autre tentation à laquelle je ne vais pas résister: jouer avec Dynamic Links de Google (Book Viewability API). Et comme on est joueur ou pas, ça sera avec Silverlight. Peut-être dans un prochain post...
