Pourquoi donc un titre en anglais ? C'est
la phrase de David Chappell concluant sa magnifique présentation de la
plateforme Azure et du cloud computing en général, qui a eu lieu hier au palais
des sport d'Issy les Moulineaux pour les Microsoft Days.
David Chappell est un orateur et un visionnaire hors pair, jusque-là rien de
nouveau. Le cloud computing est un sujet brûlant, jusque-là rien d'étonnant.
Microsoft mise beaucoup sur Azure, sa plateforme Cloud et ce n'est pas un
scoop. Mais le mélange des ingrédients tient de l'alchimie parfois et peut
offrir un plat rafraichissant et pimenté à la fois. Je me permets cette image,
lui même ayant démarré sur une apologie de la cuisine française. Car en bon
orateur il est arrivé en courant et a commencé par une plaisanterie (deux en
fait). La présentation s'est déroulé ensuite comme un combat de boxe, ne
laissant pas un instant de répit aux auditeurs, suivant un plan simple et
efficace : description; scénarii, comparaisons. Je n'ai vu personne
bailler. Franchement, si le sujet n'avait pas été captivant en soi, il fallait
venir juste pour le jeu d'acteur. Une vraie leçon de communication qui n'avait
rien à envier de celle de l'avant veille par un orateur hors norme lui aussi,
Steve Balmer. Mais passons: assez parlé du flacon, attaquons tout de suite
l'ivresse, enfin je veux dire le contenu.
A new world is unfolding!
(ça devient une habitude!) Quel est donc ce monde nouveau en train
d'émerger ? Le Cloud. La 6ème révolution informatique: après le Mainframe
dans les années 60, le PC dans les années 70, les PC en masse dans les années
80, les serveurs dans les années 90 et la technologie mobile dans les années
2000, voici l'ère du nuage.
Alors qu'il y a quelques mois encore tout le monde était plus ou moins
dubitatif sur la rapidité d'adoption, chacun attendant que l'autre se lance et
se casse les dents éventuellement, aujourd'hui il n'est plus possible de douter
de l'ampleur du phénomène et la courbe d'adoption parle d'elle même (selon
Gartner qui est plutôt fiable en général). En clair: la course est lancée et
ceux qui sont assis seront en retard. Je parle ici des éditeurs, car pour eux
les places seront chères. Et ce n'est rien de le dire, un data-center pour le
cloud, c'est au bas mot un demi milliard de dollars, mais surtout c'est un pari
qui ne peut reposer que sur une vrai capitalisation technologique et d'image
qui ne s'improvise pas. Ne pourra pas ouvrir un "cloud" qui veut. Amazon a pu
se lancer parce qu'il était le premier. Et c'est d'ailleurs une première dans
l'histoire des technologies de l'information et sans doute une anomalie
sympathique. Mais il y a peu de chance que le phénomène se reproduise à
présent.
It's here !
Pour les entreprises, l'urgence est moindre. Mais les opportunités sont
énormes et les manquer serait une erreur stratégique. Le cloud computing est
une réponse à beaucoup de blocages insurmontables jusque là. Les exemples sont
innombrables. De la start-up qui n'a pas les moyens de se payer un service IT,
à l'équipe d'une grande entreprise qui préfère éviter d'y faire appel, à son
service IT. Des pics de charge journaliers d'une entreprise moyenne ouverte le
jour mais finalement pas la nuit (comme beaucoup d'entreprises on en
conviendra), à l'envolée brutale à la Twitter, en passant par les montées en
charges saisonnières au fil des campagnes marketing, des rencontres sportives,
des élections. De ceux voulant des espaces de stockage à des prix défiant toute
concurrence, à ceux qui souhaitent exporter des calculs très gourmands mais
limités dans le temps. Les raisons sont toutes bonnes pour tâter du nuage. Et
quant au pricing, la difficulté qu'il y a à comparer les services entre eux et
avec les solutions on-premise (chez soi en somme) démontre une chose, c'est
qu'il n'y a pas d'écart délirant et que le choix ne portera vraisemblablement
pas sur ce critère.
De nouvelles menottes ?
Certains y voient un nouvel emprisonnement. Une fois dans le cloud, qui
pourra assurer que l'on peut en revenir. C'est une question pertinente mais qui
a déjà ses réponses. Tout d'abord, si SalesForce a clairement fait le choix de
l'enfermement, par un système très propriétaire, Amazon, Google et Microsoft
jouent plutôt la carte de l'ouverture et de l'interopérabilité. Les uns sont en
Java ou en python, les autres en .NET, PHP ou autres, sur des plateformes
connues. Il est facile de porter une application sur ces plateformes, il sera
facile de les en retirer. Ensuite, du fait de cette compatibilité
"raisonnable", les prix sont assurés de ne pas s'envoler une fois la courbe
d'adoption jugée suffisante par les éditeurs.
Certains y voient la mort des fournisseurs. Mais ceux-ci restent la source
de revenus principale d'éditeurs comme Microsoft, qui n'aurait aucun intérêt à
tuer cette manne. Il y a donc plus probablement à prévoir une cohabitation
serrée mais possible.
Et revenons aux start-ups. Comme l'a joliment fait remarquer David Chappell,
qu'est-ce qui caractérise le plus souvent une start-up ? L'échec. "Je
plaisante bien sûr" a dit M.Chappell (il a dit "je plaisante" au moins une
douzaine de fois, à chaque fois en glissant des vérités plus sensibles les unes
que les autres). Mais le fait est: la très grande majorité des Start-up échoue
avant de rapporter la queue d'une cerise. Le rapport avec le Cloud ?
Allez, encore une phrase dans le texte : "with the cloud, if it fails, it
fails fast". Quitte à sombrer, autant que ce soit rapide et sans frais
supplémentaire. Ca donne plus envie de prendre des risques non ? Alors que
la crise financière a plombé indubitablement les velléités des business angels,
le cloud va donner un coup de fouet aux créations d'entreprise, c'est un pari
que je suis prêt à prendre.
Facile et pas cher !
Pour les aspects techniques, je vous laisse consulter le livre blanc sur
Azure du même David Chappell, qui est déjà disponible en anglais et en français
et qui a servi de fil conducteur pour la partie technique de la présentation.
Je ne m'amuserai pas à parodier ici un plan assuré et efficace. Mais un bref
résumé laconique et simpliste : à moins que votre application ai besoin de
droits administrateurs pour tourner (auquel cas passez votre chemin et
orientez-vous vers Amazon ou SalesForce), le portage se fera en un clin
d'oeil.
Pourquoi hésiter, alors ? Oui, pourquoi. La question n'est plus tant de
savoir si l'on prend le train que de savoir à quelle heure. Et admettons, ce
qu'on apporte avec soi pour le premier voyage. N'allons pas tout déménager en
une fois. Laissons la confiance venir avec le temps. Mais ne manquons pas un
beau voyage. Il faut faire partie de l'aventure. Be a part of it !
Alors une petite dernière pour la route :
It's up to you
Quelques livres blancs (dont celui cité) : http://www.microsoft.com/azure/whitepaper.mspx
Le blog du maître : http://www.davidchappell.com/blog/


